Matière

Pour illustrer cette page, la belle Lara, ses mains et ses gestes pleins de grâce… Elle porte le maillot Antipode, collection N°3 HORIZON

Vous voulez tout savoir sur la matière qui va envelopper vos courbes ? Vous êtes au bon endroit.
Je vais vous parler de ses qualités techniques que vous allez adorer, des garanties et certifications de notre fournisseur, et de tout ce qu’on lui fait subir à l’atelier pour en être vraiment convaincu !

Sommaire

  • Que s’est-il passé depuis 2016 ?
  • Nos matières, testées et validées
  • Résiste !
  • Protège-moi !
  • Protège ma planète !
  • Projet en cours : technique // naturel

Que s’est-il passé depuis 2016 ?

Nouvelle étiquette Eco Process

Tout d’abord, remontons dans le temps. Depuis 2016, mon équipe Colombienne et moi-même avons réalisé 4 collections, pas moins de 152 prototypes (des modèles qui ont existé, qui existeront, ou qui n’existeront pas.. !). Nous avons testé 8 matières différentes (du brillant, du plus économique, du plus technique…) provenant de 2 fournisseurs colombiens.

Aujourd’hui, nous avons un unique fournisseur. C’est l’un des leader du marché en Colombie. Qualité + Résistance + Engagements : c’est ce qui m’a convaincue de travailler leurs matières.

Par ailleurs, nous nous sommes rendu compte que nous ne communiquions pas assez sur leur engagements environnementaux, pour la simple raison que c’est une évidence pour nous de travailler avec des entreprises qui prennent en compte leur emprunte carbone et qui multiplient les engagements d’un bout à l’autre de leur processus de production.

Vous pourrez donc voir une nouvelle étiquette (fabriquée en papier recyclé), accompagner celle d’historia natural.

Nos matières, testées et validées

Pour commencer, je vais vous expliquer qu’est-ce que le tissu du maillot de bain.

Le maillot de bain est lié à l’industrie de la maille et de la bonneterie. La bonneterie, c’est un mot vieillot (déjà vieillot en 1971, cf. lien) qui regroupe principalement ce qui est tricoté et circulaire, donc les bonnets bien sûr, mais aussi les chaussettes, les collants, et par extension tout ce qui est fabriqué en maille tricotée.

Le maillot de bain est en tissu tricoté, il fait donc partie de cette grande industrie de la maille. Un tricot certes, mais très fin, complexe dans le dosage des types de fibres, et très serré. L’industrie de la maille regroupe également le secteur de la lingerie, et du balnéaire plus largement (balnéaire = tout ce qui se rapporte aux soleil/mer/piscine, y compris ses accessoires).

Nous avons dans la collection “Les Solaires” deux tissus : la maille extérieure qui est à la fois gainante et souple ; et la doublure, toute douce, qui assure légèreté et maintien. Ci-dessus, vous pouvez voir tous les jolis logos que notre fournisseur utilise pour parler des avantages de ses matières. Aujourd’hui, je les mets en avant car j’ai l’expérience nécessaire pour confirmer et approuver cette communication.

Je vais donc vous prouver et vous expliquer toutes ces propriétés en détail.

Résiste !

Tout d’abord, c’est mon fournisseur qui le dit. Parmi ses multiples caractéristiques et sous le nom “Chlorine Shield” se cache une technologie qui permet de conserver l’élasticité du tissu plus longtemps qu’un tissu de maillot classique, dans les conditions d’un usage régulier. L’élasticité restant supérieure plus longtemps, le maillot reste bien ajusté comme au 1er jour !

Est-ce que je me fie juste à un joli logo et à la parole d’une commerciale hyper sympa ? heu… non, c’est pas mon genre. “Des preuves, je veux des preuves” .

le tableau un peu barbare mais intéressant !

J’ai donc observé de plus près la carte couleur de mes tissus sélectionnés. J’y trouve bien sûr les données sur la composition, sa structure, son poids en g/m2, sa largeur, son rendement en m/kg (là, ça commence à être plus technique…). Il y a ensuite son élongation (capacité à s’étirer, très importante pour le maillot de bain) qui va de paire avec sa récupération (sa capacité à revenir à sa forme initiale). Et puis à côté de ça, il y a un tableau un peu barbare mais avec des données très intéressantes. Elles prouvent que le fournisseur a fait toute une série de tests sur ses tissus : le lavage à 40°C, l’eau de piscine, l’eau de mer, et la lumière. Donc, je peux en conclure qu’ils savent de quoi ils parlent derrière leur joli logo.

Des preuves

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Est-ce que ces preuves trop techniques pour moi me suffisent ? Pas complètement, sans doute mon côté St Thomas. Depuis 2016, vous imaginez bien que j’en ai fait subir des mauvais traitements à mes protos ! Lavages machines plus que de raison, mélangés avec d’autres couleurs (je croisais un peu les doigts devant mon hublot la première fois j’avoue !). Il y a aussi le test de “l’antipode du conseil d’entretien” : le maillot mouillé dans le sac plastique bien fermé, laissé dans un endroit bien bien chaud !

La conclusion de mes expériences : un gain de temps fou pour moi. Mes modèles d’exposition qui servent également pour les shooting sont vraiment malmenés. Maquillage, transpiration, traces de déodorant, huile pour le corps… Maintenant, cela ne m’angoisse plus du tout. Je mets tous les maillots de bain ensemble dans la machine à 30°C et ils ressortent comme neufs ! Alors bien sûr, il vaut mieux en prendre soin, c’est une évidence, mais avec moins de précaution tout de même, que pour votre culotte en soie et dentelle de Calais.

Protège-moi !

Tiens, un autre logo. La technologie Solar Guard de nos tissus est conçue pour protéger efficacement votre peau des rayons UV. En d’autres termes, le tissu fait office de barrière efficace face aux ultraviolets. C’est absolument indispensable, car si vous prenez soin de vous appliquer de la crème solaire vous devez aussi vous préoccuper de protéger le reste de votre corps. Un maillot de bain de mauvaise qualité et/ou usé laisse passer quasiment la totalité des rayons du soleil. Il faut donc vous assurer que votre maillot joue efficacement son rôle de bouclier.

Comment ? Pourquoi ? Pour qui ?

Nous l’avons vu, le tissu de maillot de bain est une maille. La “technologie” de la protection solaire de votre maillot de bain n’a rien de sorcier.

Nous l’avons vu plus haut, le tissu du maillot de bain est une maille serrée et extensible. C’est donc un jeu d’enfant de fabriquer un tissu avec plein de caractéristiques séduisantes, comme la protection solaire, le maintien et le confort. Il suffit de tricoter serré !

Oui MAIS !… tricoter serré, ça a un coup, car ça veut dire consommer plus de fil. Il faut aussi doser correctement les différents types de fibres qui constituent le fil, et bien les sélectionner pour quelles soient résistantes et souples… Bref, c’est un vrai travail d’ingénieur qui m’est complètement étranger, mais qui me fascine !

Protège ma planète !

Le meilleur moyen pour protéger notre planète, c’est d’arrêter de jeter, et encore mieux, arrêter d’acheter.

On répare, on réutilise, on donne, c’est un cercle vertueux à mettre en place pour beaucoup d’objets du quotidien. Ce sont des gestes qui font partie de mes habitudes depuis toujours, par économie, mais surtout parce que dans ma famille, nous avons plusieurs savoir-faire qui nous permettent de mettre en place cette jolie boucle sans trop de difficulté. Toutefois, ce n’est pas le cas de tous, la société est donc en train de s’organiser pour offrir ce service au plus grand nombre, via les Recycleries qui se multiplient partout en France, et les Répare Café.

Pourtant, même avec ma grande expérience de recycleuse-répareuse (ça n’existe pas mais c’est le statut que je veux m’attribuer en toute modestie ! ), et bien je constate qu’il y a des produits qui rentrent difficilement dans cette boucle.

Première ou seconde main ?

Il y a tout d’abord les chaussures. En effet, il vient toujours un moment, une année fatidique, où mon cordonnier me dit la phrase fatale qui me transperce le cœur… “Oh la la, ah non mais là c’est mort, y’a rien à faire !” marmonne-t-il tout en amplifiant la déchirure de la semelle de ses grosses mains expertes.

Admettons, pour réduire la liste ne ces objets non réparables, qu’on va faire repriser nos chaussettes, mais là encore il s’agit d’un savoir-faire en voie de disparition (même chez moi !). Et puis il y a la petite culotte, qui ne nous viendrait jamais à l’idée d’acheter en seconde main (ou en second popotin en réalité !). On aura donc toujours besoin d’acheter des culottes ! Houra, le PIB de la France est sauvé. Enfin, pour en revenir à nos moutons, le maillot de main de seconde main n’est pas le top des achats ! Tout d’abord, comme pour la culotte, pour des raisons d’hygiènes, mais aussi parce que la maille finit toujours, inévitablement, par perdre de l’élasticité. A part si vous tombez sur un maillot ERES dans une friperie, je vous déconseille.

Mon maillot de bain chéri fait donc partie de ces objets que l’on aura toujours besoin d’acheter neufs.

Comment acheter un maillot, en restant en accord avec ses valeurs ?

La première des choses, c’est de tout faire pour que la case “MAILLOT H.S” soit la plus loin devant nous. Et pour ce faire, deux aspects sont nécessaires :
N°1 les qualités premières du maillot lui-même : ça, c’est le boulot de la marque.
N°2 l’entretien : ça, c’est votre boulot !

Mais, consommer responsable, c’est quoi ?

Et bien oui, c’est peut-être bête comme question, mais comme le “ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré”, ou les “sans” machin, “sans” bidule, on a de quoi être un peu pommé vous ne trouvez pas ? On doit se poser plusieurs questions…

la durabilité :

C’est à mon sens le point le plus important. Assurez-vous d’acheter un produit de qualité, que vous allez garder longtemps, et éventuellement faire réparer. C’est la base d’une consommation responsable.

Le prix est bien souvent un indice de la qualité (même si en réalité c’est en peu plus compliqué). Parfois, le gros du prix que vous payez, c’est le prestige de la marque (par exemple NIKE… Qui peut se vanter de garder sa paire de NIKE 10 ans ?).

le lieu de fabrication :

Chine, France, Europe ou autre… L’idéal, c’est une fabrication française. Malheureusement, les usines sont rares et pour ma part, j’ai exploré la possibilité d’un fabrication ici, mais ça change complètement la gamme de mon produit et fait grimper le prix de vente final à plus de 200 € le maillot, avec un investissement colossal pour moi. A l’atelier de Bogota en Colombie, qui fait pleinement partie de mon équipe, je n’ai pas de minimum de production, j’ai donc très peu d’invendu en final. En France, je serais une pure inconnue, avec un minimum de production imposé.

Par ailleurs, on doit se méfier de la fabrication européenne, qui ne veut pas dire grand chose. En effet, on sait tous que certains pays d’Europe sont très pauvres, les ouvriers peuvent travailler dans des conditions pire que dans certains ateliers d’Asie. En outre, le pays indiqué sur l’étiquette suivant le “made in” ne veut pas dire que la totalité du produit a été fabriqué dans le pays en question. Il peut s’agir seulement de la dernière étape de transformation.

Le “MADE IN” est donc une première information, à nuancer car elle n’est pas tout à fait fiable ni facile à analyser.

Mon “Made in” à moi, c’est la Colombie. Et tout est local de là-bas : tissus, accessoires, confection. C’est l’organisation qui me semble la plus juste pour allier mes passions pour mon métier et pour la Colombie !

la marque :

Les marques communiquent. La transparence est un effort de plus en plus présent chez les marques. Pour les jeunes marques comme moi, c’est facile. J’ai pensé chaque étape depuis le début, avec les principes de respect de l’humain et de la nature. Pour les marques établies depuis longtemps, aux multiples fournisseurs, même avec la volonté de transparence, c’est plus difficile à mettre en place. Peut-on avoir plus d’indulgence avec eux ? Non ! Car ils ont les ressources financières suffisantes pour mettre en oeuvre les transformations nécessaires dès maintenant.

La communication faite par une marque est donc un bon outil pour juger son engagement et ses valeurs. Respect-elle notre planète ? ses ouvriers ? etc. Toutefois, la encore, la méfiance est de mise, car ce que l’on appelle le “green washing” est de plus en plus présent dans les multinationales de tous les secteurs : vos vêtements, vos cosmétiques, votre café, votre shampooing…

vous vous sentez dépassé ?

Conclusion ” je suis pessimiste ” : on ne peut se fier ni au prix, ni au “made in”, ni à la communication des marques pour savoir si on achète un produit en accord avec nos valeurs.

Conclusion “c’est moi la bosse et je ne suis pas naïve” : la solution, c’est de faire un joli dosage de toutes les infos que l’on a, et rester critique. Faire confiance à votre marque préférée, et rester fidèle si l’expérience que vous en avez vous satisfait !

Projet en cours : technique // naturel

Le manège à sérigraphie, test collection * A N T I D O T E * en coton

J’ai commencé à en parler sur instagram car cela faisait partie de mes investigations de l’automne à l’atelier de Bogota. Mais commençons par le commencement…

Quelle est cette nouveauté ? Quel en est le point de départ ? Qu’est-ce que cela implique pour vous et moi ?

Coton et corps

La nouveauté, ce sont des maillots de bain en coton. Cette envie est avant tout une chose personnelle. Je m’applique, pour l’ensemble de ma garde robe, à privilégier des matières plus naturelles, même si cela implique acheter uniquement d’occasion.

Pourquoi ? Et bien je trouve que certains t-shirts en fibres très mélangées finissent par sentir mauvais au bout d’un certain temps, même quand ils sont tout propres. Je n’ai pas étudié la question de près, mais cela m’est arrivé avec plusieurs top de chez UNIQLO, dont la matière paraissait très technique, respirante et confortable quand il était neuf. J’ai par ailleurs des t-shirts qui traversent les décennies sans bouger. Ils sont en coton, trouvés dans des fripes ou un PETIT BATEAU en particulier, (ma grande soeur avait le même ;D) qui a sans mentir 20 ans (oui oui, je mets encore des vêtements de quand j’avais 11 ans). Les cachemires que je trouve en friperies sont une vraie révélation également ! (Je n’en achèterai pas neufs car je ne suis pas certaine du bien-être animal de ceux à moins de 100 €… ) Tout ça pour vous dire que personnellement, je constate les divers atouts qualité et confort des matières naturelles.

Pourquoi ? Pour qui ?

Le choix de la composition de nos vêtements est d’autant plus important pour les textiles en contact avec la peau. Ma réflexion sur leur composition en est donc venue à se poser soigneusement sur mes maillots de bain. Bien sûr, comme pour une crème pour le visage, nous n’avons pas toutes la même sensibilité et les mêmes réactions face aux textiles. Par ailleurs, nous n’avons pas les mêmes priorités quant aux caractéristiques de notre maillot de bain.

Cela va dépendre de l’usage de l’on en fait, de la fréquence, de nos valeurs

La performance
Le style
La bronzette

Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il faut simplement savoir identifier ce qui est important pour vous. Pour ma part, parfois j’ai besoin de technique et de confort, pour la pratique du bikram yoga par exemple. Et à d’autres moments je veux du naturel et de la simplicité, pour les baignades sauvages dans la nature.

Qu’est-ce-que ça change ?

Vous allez avoir le choix. Le choix entre la technicité (résistance assurée et prouvée contre les attaques du chlore, protection UV…), et le naturel, d’une matière plus saine pour votre peau. Quel que soit votre choix, les tissus répondent tous aux mêmes exigences de qualité et proviennent du même fournisseur.

Qui dit naturel, dit simplicité. Cette collection, nommée * A N T I D O T E * sera composée de coupes basiques, et toujours soigneusement pensées.

Le tissu : un coton haut de gamme gainant, constitué de 90 % coton et 10 % élasthanne.
Le + : un motif créé spécialement par mes soins et sérigraphié artisanalement.


La matière, comme vous le constatez au travers de cet article à rallonge, occupe toutes mes attentions ! Les yeux fermés, ayez confiance dans les propriétés de mes tissus et leurs multiples atouts techniques.

À bientôt pour la suite de mon projet de collection en coton * A N T I D O T E * et un article détaillé sur les étapes de la sérigraphie avec Joan.